Origine du pèlerinage de Sainte Marie-Madeleine             


              Deux petits bergers à la recherche de jeunes chevreaux dans les bruyères des Gorges de la Dordogne à proximité du village de Lamirande-Basse appelé aussi Nauzenac ont eu la vision d’une Dame resplendissante de lumière qui révéla son identité : Marie-Madeleine. 

             Une chapelle fut alors érigée en 1611 pour vénérer Sainte Marie-Madeleine dans cet endroit difficile d’accès au lieu-dit les Plainettes nommé  également Bonlieu. On décida en 1688 de transférer la chapelle dans la vallée au village de Nauzenac qui est à l’origine du pèlerinage.   


            Qui était Marie-Madeleine ?

     

                Selon les Grecs, il y aurait trois Marie-madeleine : Marie de Béthanie (Judée), Marie de Magdala (Galilée), et la pécheresse anonyme de saint Luc. (Le livre des Saints- Omer Englebert- Editions Albin Michel-2001-page 238).

Selon les Latins, ces trois femmes ne font qu’une seule personne. On s’en tiendra à cette version. Marie-Madeleine est universellement connue pour être la pécheresse publique (prostituée) pardonnée par le Christ. Cette anecdote est relatée dans l’évangile selon Saint Luc au chapitre 7, versets 36 à 50 :

« Un pharisien pria Jésus de manger avec lui. Jésus entra dans la maison du pharisien, et se mit à table. Et voici, une femme pécheresse qui se trouvait dans la ville, ayant su qu’il était à table dans la maison du pharisien, apporta un vase d’albâtre plein de parfum, et se tint derrière, aux pieds de Jésus. Elle pleurait, et bientôt elle les mouilla de ses larmes, puis les essuya avec ses cheveux, les baisa, et les oignit de parfum. Le pharisien qui l’avait invité, voyant cela, dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il connaîtrait qui et de quelle espèce est la femme qui le touche, il connaîtrait que c’est une pécheresse. » Jésus prit la parole et lui dit : «  Simon, j’ai quelque chose à te dire. ». « Maître, parle » répondit-il ; « Un créancier avait deux débiteurs : l’un devait cinq cents deniers, l’autre cinquante. Comme ils n’avaient pas de quoi payer, il leur remit à tous deux leur dette. Lequel l’aimera le plus ? Simon répondit : « Celui, je pense auquel il a le plus remis. » Jésus lui dit : « Tu as bien jugé ». Puis, se tournant vers la femme, il dit à Simon : «  Vois-tu cette femme ? Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as point donné d’eau pour laver mes pieds ; mais elle, les a mouillés de ses larmes, et elle les a essuyés avec ses cheveux. Tu ne m’as point donné de baiser ; mais elle, depuis que je suis entré, elle n’a point cessé de me baiser les pieds. C’est pourquoi, je te le dis, ses nombreux péchés lui ont été pardonnés ; car elle a beaucoup aimé. Mais celui à qui on pardonne peu aime peu. » Et il dit à la femme : « Tes péchés te sont pardonnés. » Ceux qui étaient à table avec lui se mirent à dire en eux-mêmes : « Qui est celui-ci, qui pardonne même les péchés ? Mais Jésus dit à la femme : « Ta foi t’a sauvée, va en paix. ».

Ce récit montre toute la grandeur de la miséricorde de Dieu. L’évangile de Luc précise que Marie-Madeleine a été délivrée par le Christ de sept démons (Luc 8, 2).  Marie-Madeleine faisait partie désormais de la suite des disciples de Jésus. Elle a eu le courage d’aller au pied de la croix en compagnie de la Vierge Marie assistée de sa sœur, Marie, femme de Clopas. Tous les apôtres se sont enfuis, sauf, le plus jeune, Saint Jean, le disciple que Jésus aimait. (Jean 19, 25 - 26).

Enfin, Marie-Madeleine est la première de tous les disciples à voir le Christ ressuscité au pied du tombeau. Cette vision extraordinaire est racontée dans l’évangile de saint Jean au chapitre 20 versets 11 à 18 :

« Cependant, Marie se tenait hors du sépulcre, et pleurait. Comme elle pleurait, elle se baissa pour regarder dans le sépulcre ; et elle vit deux anges vêtus de blanc, assis à la place où avait été couché le corps de Jésus, l’un à la tête, l’autre aux pieds. Ils lui dirent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? ». Elle leur répondit : « Parce qu’ils ont enlevé mon Seigneur, et je ne sais où ils l’ont mis. » En disant cela, elle se retourna et elle vit Jésus debout ; mais elle ne savait pas que c’était Jésus. Jésus lui dit : « Femme pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? ». Elle pensant que c’était le jardinier, lui dit : « Seigneur, si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et je le prendrai. » Jésus lui dit : « Marie ! ». Elle se retourna, et lui dit en hébreu : « Rabbouni ! c’est-à-dire, Maître ! ». Jésus lui dit : « Ne me touche pas ; car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Mais va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. ». Marie de Magdala alla annoncer aux disciples qu’elle avait vu le Seigneur, et qu’il lui avait dit ces choses. »

Voilà ce qui est relaté dans les évangiles au sujet de Sainte Marie-Madeleine.

La légende des Saints appelée aussi La légende Dorée écrite par Jacques de Voragine en 1255 attribue plusieurs miracles à Sainte Marie-Madeleine (Editions du Seuil-1998-pages 338 à 347). Elle aurait débarqué à Marseille et se serait réfugiée à la grotte de la Sainte Baume en Provence. Son tombeau était dans l’église de Saint Maximin en Provence avant que son corps soit transféré à la basilique de la Madeleine à Vézelay.

Sainte Marie-Madeleine est adorée car tout pécheur peut croire en la  grande miséricorde de Dieu et en l’infinie richesse de sa grâce (cf Ephésiens 2, 4 à 8). C’est pour cela que le Christ dit : «  Je vous le dis en vérité, les publicains (percepteurs d’impôts) et les prostituées vous devanceront dans le royaume de Dieu. » (Matthieu 21, 23). Marie-Madeleine est l’exemple parfait de l’amour que l’on doit avoir pour le Christ qui est venu sur Terre non pour juger les hommes mais pour les sauver. (cf Jean 12, 47). Il est à noter que le Christ ressuscité s’est présenté d’abord à une femme, qui plus est pécheresse repentie, pour bien signifier que le péché essentiel est dans la chair avec tous ses désirs amenant à la mort éternelle. C’est ce que ne cesse de proclamer Saint Paul dans sa lettre aux Romains : «  Dieu a condamné le péché dans la chair…L’affection de la chair, c’est la mort, tandis que l’affection de l’esprit, c’est la vie et la paix…Si vous vivez selon la chair, vous mourrez ; mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez. » (Romains 8, 3-6-13).

En conclusion, on peut dire que Sainte Marie-Madeleine est le symbole du salut de l’âme pour le monde entier



Rédacteur : Georges Oysel

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